Femme célibataire – par choix (pas la partie femme par contre…), mi-trentaine – pas par choix, maman – par choix – de Fillette, 7 ans et demi, sans emploi – par choix, ronde – pas par choix.
Le chantier de construction de ma vie a vu le jour en septembre 2008, un soir où l’Ex m’a annoncé qu’il n’était pas heureux dans notre couple qui n’en était plus un. C’est avec un sentiment d’échec profond que j’ai acquiescé. Sans chicane, sans guerre, sans reproches, nous nous sommes regardé pour la dernière fois. Depuis, nous nous regardons sans nous voir.
D’un commun accord, nous avons décidé d’habiter sous le même toît jusqu’à la fin du bail, soit juillet 2009. Par comodité pour l’enfant et pour l’argent. L’erreur fut fatale pour ma santé mentale déjà fragile par un travail qui me grugeait déjà comme un cancer. Le 1er avril 2009, je me suis rendue dans une urgence bondée de bobos pour faire arrêter cette pression aux poumons et ces palpitations du coeur qui faisaient sentir mon corps pris dans un étau. Crises de panique, Madame. Angoisse profonde aussi. Il faudrait consulter. Pilules magiques et hop, au prochain bobo.
J’ai quitté mon emploi quelques mois après la séparation. Volontairement. J’ai demandé que mon contrat ne soit pas renouvellé. Marre de cette ancienne caserne de pompier recyclée en prison et décorée pour faire croire qu’on y est bien. Marre de cette aquarium sans fenêtre vers l’extérieur qui m’a servi de bureau pendant 4 ans. Marre de ces collègues tellement superficielles qu’elles n’ont jamais été capable de s’étouffer avec leur hypocrisie. Marre de cette directrice trop jeune pour être ménopausée. Marre des clients souffrants de ouimaistisme.
Plus envie de vivre, pas la force de mourir. Plusieurs mois dans ma chambre à mentir et faire des faux sourires. Toute seule. Dans ma bulle, dans ma tête, dans mon corps. Alone in the dark. Je creusais mon trou à coups de pelle d’angoisse. Envie de rien. Envie de personne. Même pas de moi. Mensonges, mensonges et mensonges. Une vie inventée sur le web. Pourquoi pas. Dans ce refuge, j’étais quelqu’un. Quelqu’un de jolie, célèbre, jeune, libre et parfaite dans ses imperfections. Toute de pixels vêtue, mon avatar avait une vie. Et des lèvres à faire rêver. J’ai fait rêver. J’ai rêvé. C’était mon seul espace vivable. Un jeu.
Déménagement en juillet 2009. Avec ma mère. Avec ma fille. Ma mère en garde complète, ma fille en garde partagée. En banlieue de la Grande Ville. Là où ça sent bon, là où on respire. Pas la force d’habiter toute seule. Pas les ressources financières non plus.
Prise en mains par la Mama. Médecin, STAT. Dépression majeure, angoisse chronique, crises de panique. Pilules roses. Pilules oranges. Pilules de bonheur, pilules de calme. Pourquoi pas.
Comme de la magie, j’ai recommencé à sourire, à sortir. À en vouloir encore plus aussi. Ménage du cercle d’amis. Sorties, entrées, mises sur pause.
Envie de plus. Envie d’être belle, de me sentir bien. Coupe de cheveux, teinture, épilation des sourcils, pose d’ongles, changement de lunettes, achat de verres de contact. Un ménage de mon apparence qui a fait du bien à mon corps et à ma tête. Rendez-vous pour régler mon problèmes de pilosité qui me complexe depuis 20 ans. Rendez-vous pour régler mon problème de poids qui me complexe depuis la première fois que j’ai conscience de m’être regardé dans un miroir. Cours de conduite. Envie d’indépendance.
Objectifs pour 2010:
- Chirurgie à l’estomac (bypass) – In progress, tests médicaux passés, rencontre avec l’équipe bariatrique de l’hôpital faite. Ils devraient me rappeler d’ici août.
- Traitement hormonal pour la pilosité – In progress, tests médicaux passés. Rendez-vous le 12 juillet 2010.
– Permis de conduire – Obtenu le 26 mai 2010.
- Voiture
- Emploi
– Quelqu’un, mais pas n’importe qui - Mon coeur a chaviré le 27 mai 2010.
Voilà où j’en suis. Il y a des morceaux de vie un peu partout. J’essaie de la rebâtir.
Bienvenue dans mon chantier de construction.